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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
que notre attraction vers l’ensemble est géné-reuse ; enfin c’est parceque nous subsistonsindividuellement et séparément que nous pou-vons nous choisir et nous aimer les uns et lesautres : que seroit donc cette immortalité abs-traite qui nous dépouilleroit de nos souvenirsles plus chers comme de modifications acciden-telles ?
—-Voulez-vous, disent-ils en Allemagne,ressusciter avec toutes vos circonstances ac-tuelles, renaître baron ou marquis? — Nonsans doute, mais qui ne voudroit pas renaîtrefille et mère, et comment seroit-on soi si l’onne ressentoit plus les mêmes amitiés ! Lesvagues idées de réunion avec la nature détrui-sent à la longue l’empire de la religion surles âmes, car la religion s’adresse à chacunde nous en particulier. La Providence nousprotège dans tous les détails de notre sort.Le christianisme se proportionne à tous lesesprits et répond comme un confident aux be-soins individuels de notre cœur. Le panthéismeau contraire, c’est-à-dire la nature divinisée,à force d’inspirer de la religion pour tout, ladisperse sur l’univers et ne la concentre pointen nous-mêmes.
Ce système a eu dans tous les temps beau»