DES PHILOSOPHES ALLEMANDS.
lll
sïons un peu substantielles : l’existence estdéjà un mot trop prononcé pour lui. L’être,le principe, l’essence sont à peine des parolesassez éthérées pour indiquer les subtiles nuan-ces de ses opinions. On diroit qu’il craint lecontact des choses réelles, et qu’il tend tou-jours à y échapper. A force de le lire ou des’entretenir avec lui, l’on perd la consciencede ce monde, et l’on a besoin, comme lesombres que nous peint Homère, de rappeleren soi les souvenirs de la vie.
Le matérialisme absorbe l’ame en la dégra-dant, l’idéalisme de Ficlite, à force de l’exal-ter, la sépare de la nature. Dans l’un etl’autre extrême, le sentiment, qui est la véri-table beauté de l’existence, n’a point le rangqu’il mérite.
Sclielling a bien plus de connoissance de lanature et des beaux-arts que Ficlite, et sonimagination, pleine de vie, ne sauroit se con-tenter des idées abstraites ; mais, de mêmeque Ficlite, il a pour but de réduire l’existenceà un seul principe. Il traite avec un profonddédain tous les philosophes qui en admettentdeux ; et il ne veut accorder le nom de phi-losophie qu’au système dans lequel tout s’en-chaîne, et qui explique tout. Certainement