DES PHILOSOPHES ALLEMANDS.
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comme une borne de notre existence, surlaquelle la pensée travaille. Dans son sys-tème, cette borne est créée par Famé elle-même, dont l’activité constante s’exerce surle tissu qu’elle a formé. Ce que Fichte a écritsur le moi métaphysique ressemble un peu auréveil de la statue de Pygmalion, qui, tou-chant alternativement elle-même et la pierresur laquelle elle étoit placée, dit tour à tour ;—C’est moi, et ce n’est pas moi.—Mais quand,en prenant la main de Pygmalion, elle s’écrie :—C’est encore moi !—Il s’agit déjà d’un sen-timent qui dépasse de beaucoup la sphère desidées abstraites. L’idéalisme dépouillé dusentiment a néanmoins l’avantage d’exciter auplus haut degré l’activité de l’esprit ; mais lanature et l’amour perdent tout leur charmepar ce système ; car si les objets que nousvoyons et les êtres que nous aimons ne sontrien que l’œuvre de nos idées, c’est l’hommelui-même qu’on peut considérer alors commele grand célibataire du monde .
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Il faut recônnoître cependant deux grandsavantages de la doctrine de Fichte : l’un samorale stoïque, qui n’admet aucune excuse ;car tout venant du moi, c’est à ce moi seul àrépondre de l’usage qu’il fait de sa volonté :