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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
ceux qui réunissent un caractère passionné àun esprit observateur, de se regarder souffrir,et de sentir en eux-mêmes un être supérieur àsa propre peine, qui la voit, et tour à tour lablâme ou la plaint.
Il s’opère des changements continuels ennous, par les circonstances extérieures denotre vie, et néanmoins nous avons toujours lesentiment de notre identité. Qu’est-ce doncqui atteste cette identité, si ce n’est le moitoujours le même, qui voit passer devant sontribunal le moi modifié par les impressions ex-térieures ?
C’est à, cette ame inébranlable, témoin defamé mobile, que Fichte attribue le don del’immortalité et la puissance de créer, ou pourtraduire plus exactement, de rayonner en elle-même l’image de l’univers. Ce système quifait tout reposer sur le sommet de notre exis-tence, et place la pyramide sur la pointe, estsingulièrement difficile à suivre. Il dépouilleles idées des couleurs qui servent si bien à lesfaire comprendre ; et les beaux-arts, la poésie,la contemplation de la nature disparoissentdans ces abstractions sans mélange d’imagina-tion ni de sensibilité.
Fichte ne considère le monde extérieur que