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puisse alors nous atteindre ; mais quandles nuages s’amoncèlent, quand toute la fu-reur de la nature se manifeste, l’homme sesent une énergie intérieure qui peut l'affran-chir de toutes les craintes, par la volontéou par la résignation, par l’exercice ou parl’abdication de sa liberté morale ; et cetteconscience de lui-même le ranime et l’en-courage.
Quand on nous raconte une action géné-reuse, quand on nous apprend que des hommesont supporté des douleurs inouïes pour resterfidèles à leur opinion, jusque dans ses moin-dres nuances, d’abord l’image des supplicesqu’ils ont soufferts confond notre pensée ;mais, par degrés, nous reprenons des forces,
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et la sympathie que nous nous sentons avec lagrandeur d’ame, nous fait espérer que nousaussi nous saurions triompher des misérablessensations de cette vie, pour rester vrais,nobles et fiers jusqu’à notre dernier jour.
Au reste, personne ne saurait définir cequi est, pour ainsi dire, au sommet de notreexistence ; nous sommes trop élevés à l’égardde nous-mêmes, pour nous comprendre, dit St.Augustin. Il serait bien pauvre en imagina-tion, celui qui croirait pouvoir épuiser la con-