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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
ont dans leur aine des sentiments d’originecéleste que la beauté réveille, et dont elle lesfait jouir.
Kant passe de la théorie du beau à celle dusublime, et cette seconde partie de sa critiquedu jugement est plus remarquable encore quela première : il fait consister le sublime dansla liberté morale, aux prises avec le destin ouavec la nature. La puissance sans bornesnous épouvante, la grandeur nous accable,toutefois nous échappons par la vigueur de lavolonté au sentiment de notre foiblesse phy-sique. Le pouvoir du destin et l’immensité dela nature sont dans une opposition infinie avecla misérable dépendance de la créature surla terre ; mais une étincelle du feu sacré dansnotre sein triomphe de l’univers, puisqu’ilsuffit de cette étincelle pour résister à ce quetoutes les forces de monde pourroient exigerde nous.
Le premier effet du sublime est d’accablerl’homme ; et le second, de le relever. Quandnous contemplons l’orage qui soulève les flotsde la mer et semble menacer et la terre et leciel, l’effroi s’empare d’abord de nous à cetaspect, bien qu’aucun danger personnel ne