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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
templation de la plus simple fleur ; commentdonc parviendroit-on à connoître tout ce querenferme l’idée du sublime ?
Je ne me flatte assurément pas d’avoir purendre compte, en quelques pages, d’un sys-tème qui occupe, depuis vingt ans, toutes lestêtes pensantes de l’Allemagne ; mais j’espèreen avoir dit assez pour indiquer l’esprit géné-ral de la philosophie de Kant, et pour pou-voir expliquer dans les chapitres suivants l’in-fluence qu’elle a exercée sur la littérature, lessciences et la morale.
Pour bien concilier la philosophie expéri-mentale avec la philosophie idéaliste, Kantn’a point soumis l’une à l’autre, mais il a sudonner à chacune des deux séparément unnouveau degré de force. L’Allemagne étoitmenacée de cette doctrine aride, qui consi-dérait tout enthousiasme comme une erreur,et rangeoit au nombre des préjugés les senti-mens consolateurs de l’existence. Ce fut unesatisfaction vive pour des hommes à la fois siphilosophes et si poètes, si capables d’étude etd’exaltation, de voir toutes les belles affec-tions de l’ame défendues avec la rigueur desraisonnements les plus abstraits. La force del’esprit ne peut jamais être long-temps né-