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ainsi dans l’empire des sensations ; les philo-sophes spiritualistes, qui rapportent tout à laraison, voient dans le beau le parfait, et luitrouvent quelqu’analogie avec l’utile et le bon,qui sont les premiers degrés du parfait. Kanta rejeté l’une et l’autre explication.
Le beau, considéré seulement comme l’a-gréable, seroit renfermé dans la sphère dessensations, et soumis par conséquent à la dif-férence des goûts ; il ne pourroit mériter cetassentiment universel qui est le véritable ca-ractère de la beauté. Le beau, défini cominela perfection, exigeroit une sorte de jugementpai’eil à celui qui fonde l’estime : l’enthou-siasme que le beau doit inspirer ne tient ni auxsensations, ni au jugement ; c’est une dispo-tion innée, comme le sentiment du devoir etles notions nécessaires de l’entendement, etnous reconnoissons la beauté quand nous lavoyons, parcequ’elie est l’image extérieure del’idéal, dont le type est dans notre intelligence.La diversité des goûts peut s’appliquer à cequi est agréable, car les sensations sont lasource de ce genre de plaisir; mais tous leshommes doivent admirer ce qui est beau, soitdans les arts, soit dans la nature, parcequ’ils
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