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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
sentiment, ou plutôt c’est la même ame qu’ilexamine, et qui se manifeste dans les sciences,la morale et les beaux-arts. Kant soutientqu’il y a dans la poésie et dans les arts dignescomme elle de peindre les sentiments par desimages, deux genres de beauté, l’un qui peutse rapporter au temps et à cette vie, l’autre àl’éternel et à l’infini.
Et qu’on ne dise pas que l’infini et l’éternelsont intelligibles, c’est le fini et le passagerqu’on seroit souvent tenté de prendre pour unrêve ; car la pensée ne peut voir de terme àrien, et l’être ne sauroit concevoir le néant.On ne peut approfondir les sciences exacteselles-mêmes, sans y rencontrer l’infini etl’éternel ; et les choses les plus positives appar-tiennent autant, sous de certains rapports, àcet infini et à cet éternel, que le sentiment etl’imagination.
De cette application du sentiment de l’infiniaux beaux-arts, doit naître l’idéal, c’est-à-direle beau, considéré, non pas comme la réunionet l’imitation de ce qu’il y a de mieux dans lanature, mais comme l’image réalisée de ce quenotre ame se représente. Les philosophes ma-térialistes jugent le beau sous le rapport del’impression agréable qu’il cause, et le placent