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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

sentiment, ou plutôt cest la même ame quilexamine, et qui se manifeste dans les sciences,la morale et les beaux-arts. Kant soutientquil y a dans la poésie et dans les arts dignescomme elle de peindre les sentiments par desimages, deux genres de beauté, lun qui peutse rapporter au temps et à cette vie, lautre àléternel et à linfini.

Et quon ne dise pas que linfini et léternelsont intelligibles, cest le fini et le passagerquon seroit souvent tenté de prendre pour unrêve ; car la pensée ne peut voir de terme àrien, et lêtre ne sauroit concevoir le néant.On ne peut approfondir les sciences exacteselles-mêmes, sans y rencontrer linfini etléternel ; et les choses les plus positives appar-tiennent autant, sous de certains rapports, àcet infini et à cet éternel, que le sentiment etlimagination.

De cette application du sentiment de linfiniaux beaux-arts, doit naître lidéal, cest-à-direle beau, considéré, non pas comme la réunionet limitation de ce quil y a de mieux dans lanature, mais comme limage réalisée de ce quenotre ame se représente. Les philosophes ma-térialistes jugent le beau sous le rapport delimpression agréable quil cause, et le placent