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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
l’homme, reconnoissent le principe qui l’anime,et cependant nul ne sait ce que c’est que la vie,et, si l’on sc mettoit à raisonner, on pourroittrès-bien, comme l’ont fait quelques philoso-*plies Grecs, prouver aux hommes qu’ils nevivent pas. Il en est de même de Dieu, de laconscience, du libre arbitre. Il faut y croire,pareequ’on les sent : tout argument sera tou-?jours d’un ordre inférieur à ce fait.
D’anatomie ne peut s’exercer sur un corpsvivant sans le détruire; l’analyse, en s’essay-ant sur des vérités indivisibles, les dénaturepar cela même qu’elle porte atteinte à leurunité. Il faut partager notre ame en deux,pour qu’une moitié de nous-mêmes observel’autre. De quelque manière que ce partageait lieu, il ôte à notre être l’identité sublimesans laquelle nous n’avons pas la force néces-saire pour croire ce que la conscience seulepeut affirmer.
Réunissez un grand nombre d’hommes authéâtre et dans la place publique, et dites-leurquelque vérité de raisonnement, quelque idéegénérale que ce puisse être, à l’instant vousverrez se manifester presque autant d’opinionsdiverses qu’il y aura d’individus rassemblés.Mais, si quelques traits de grandeur d’ame