taine philosophie, ont détruit, dans diverspays et dans différents siècles, cette noblefermeté de croyance, source du dévouementhéroïque. N’est-ce donc pas une belle idée àun philosophe que d’interdire à la sciencemême qu’il professe l’entrée du sanctuaire, etd’employer toute la force de l’abstraction àprouver qu’il y a des régions dont elle doit êtrebannie ?
Des despotes et des fanatiques ont essayé dedéfendre à la raison humaine l’examen de cer-tains sujets, et toujours la raison s’est affran-chie de ces injustes entraves. Mais les bor-nes qu’elle s’impose à elle-même, loin de l’as-servir, lui donnent une nouvelle force, cellequi résulte toujours de l’autorité des lois libre-ment consenties par ceux qui s’y soumettent.
Un sourd-muet, avant d’avoir été élevé parl’abbé Sicard, pourroit avoir une certitude in-time de l’existence de la divinité. Beaucoupd’hommes sont aussi loin des penseurs pro-fonds que les sourds-muets le sont des autreshommes, et cependant ils n’en sont pas moinssusceptibles d’éprouver pour ainsi dire en eux-mêmes les vérités primitives, pareeque cesvérités sont du ressort du sentiment.
Les médecins, dans l’étude physique de
TOM. III.
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