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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

de toute illusion, car cest précisément ainsiquelle peut induire en erreur. On prend len-chaînement des idées pour leur preuve, onaligne avec exactitude des chimères et lon sefigure que cest une armée. Il ny a que le'/ génie du sentiment qui soit au-dessus de laphilosophie expérimentale, comme de la phi-losophie spéculative ; il ny a que lui qui puisseporter la conviction au-delà des limites de laraison humaine.

Il me semble donc que, tout en admirantla force de tête et la profondeur du génie deLeibnitz, on désireroit, dans ses écrits sur lesquestions de théologie métaphysique, plus di-magination et de sensibilité, afin de reposerde la pensée par lémotion. Leibnitz se fai-soit presque scrupule dy recourir, craignantdavoir ainsi lair de séduire en faveur de lavérité ; il avoit tort, car le sentiment est lavérité elle-même dans des sujets de cettenature.

Les objections que je me suis permises surles ouvrages de Leibnitz, qui ont pour objetdes questions insolubles par le raisonnement,ne sappliquent point à ses écrits sur la forma-tion des idées dans ïespi'it humain ; ceux-sont dune clarté lumineuse, ils portent sur un