SUR LA PHILOSOPHIE ALLEMANDE. 63
tellement au sommet des idées, que nousn’avons plus d’échelons pour redescendre à lavie.
Les écrivains métaphysiques et religieux,éloquents et sensibles tout à la fois, tels qu’ilen existe quelques uns, conviennent bienmieux à notre nature. Loin d’exiger de nousque nos facultés sensibles se taisent, afin quenotre faculté d’abstraction soit plus nette, ilsnous demandent de penser, de sentir, de vou-loir, pour que toute la force de l’ame nousaide à pénétrer dans les profondeurs des deux;mais s’en tenir à l’abstraction est un effort tel,qu’il est assez simple que la plupart deshommes y aient rénoncé et qu’il leur ait paruplus facile de ne rien admettre au-delà de cequi est visible.
La philosophie expérimentale est complèteen elle-même, c’est un tout assez vulgaire,mais compacte, borné, conséquent ; et quandon s’en tient au raisonnement, tel qu’il estreçu dans les affaires de ce monde, on doits’en contenter ; l’immortel et l’infini ne noussont sensibles que par Famé; die seul peutrépandre de l’intérêt sur la haute métaphysique.On se persuade bien à tort que plus unethéorie est abstraite, plus elle doit préserver