30 LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
sort du cercle des plaisirs ou des affaires de ceinonde, et passez cette courte vie le mieux quevous pourrez, en soignant votre santé qui estla base du bonheur.—On a connu de touttemps ces maximes ; mais on les croyoit réser-vées aux valets dans les comédies, et de nosjours on a fait la doctrine de la raison, fondéesur la nécessité, doctrine bien différente de larésignation religieuse, car l’une est aussi vul-gaire que l’autre est noble et relevée.
Ce qui est singulier, c’est d’avoir su tirerd’une philosophie aussi commune la théoriede l’élégance ; notre pauvre nature est souventégoïste et vulgaire, il faut s’en affliger ; maisc’est s’en vanter qui est nouveau. L’indiffé-rence et le dédain pour les choses exaltéessont devenus le type de la grâce, et les plai-santeries ont été dirigées contre l’intérêt vifqu’on peut mettre à tout ce qui n’a pas dansce monde un résultat positif.
Le principe raisonné de la frivolité du cœuret de l’esprit, c’est la métaphysique qui rap-porte toutes nos idées à nos sensations ; caril ne nous vient rien que de superficiel par ledehors, et la vie sérieuse est au fond de l’ame.Si la fatalité matérialiste, admise comme théo-rie de l’esprit humain, conduisait au dégoût