DU PERSIFLAGE, ETC.
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affranchit de la pitié envers les autres, eunous y faisant renoncer pour nous-mêmes.
C’est en conséquence de ce système queVoltaire a pour but, dans son Histoire uni-verselle, d’attribuer les actions vertueuses,comme les grands crimes, à des évènemensfortuits qui ôtent aux unes tout leur mérite ettout leur tort aux autres. En effet, s’il n’y arien dans l’ame que ce que les sensations y ontmis, l’on ne doit plus reconnoître que deuxchoses réelles et durables sur la terre, la forceet le bien-être, la tactique et la gastronomie ;mais si l’on fait grâce encore à l’esprit, telque la philosophie moderne l’a formé, il serabientôt réduit à désirer qu’un peu de natureexaltée reparoisse pour avoir au moins contrequoi s’exercer.
Les stoïciens ont souvent répété qu’il fal-loit braver tous les coups du sort, et ne s’oc-cuper que de ce qui dépend de notre ame, nossentiments et nos pensées. La philosophiedes sensations auroit un résultat tout-à-faitinverse ; ce sont nos sentiments et nos penséesdont elle nous débarrasseroit pour tourne»’ tousnos efforts vers le bien-être matériel ; elle nousdiroit :—Attachez-vous au moment présent,considérez comme des chimères tout ce qui
TOM III. e