DE LA PHILOSOPHIE FRANÇOISE. 41
idées sur nos sensations : car nulle sensationne nous révèle l’immortalité dans la mort.Si les objets extérieurs ont seuls formé notreconscience, depuis la nourrice qui nous reçoitdans ses bras jusqu’au dernier acte d’unevieillesse avancée, toutes les impressions s’en-chaînent tellement l’une à l’autre, qu’on nepeut en accuser avec équité la prétenduevolonté qui n’est qu’une fatalité de plus.
Je tâcherai de montrer, dans la secondepartie de cette section, que la morale fondéesur l’intérêt, si fortement précitée par les écri-vains Français du dernier siècle, est dans uneconnexion intime avec la métaphysique quiattribue toutes nos idées à nos sensations, etque les conséquences de l’une sont aussi mau-vaises dans la pratique que celles de l’autredans la théorie. Ceux qui ont pu lire lesouvrages licencieux qui ont été publiés enFrance vers la fin du dix-huitième siècle, at-testeront que quand les auteurs de ces coupa-bles écrits veulent s’appuyer d’une espèce deraisonnement, ils en appellent tous à l’influ-ence du physique sur le moral ; ils rapportentaux sensations toutes les opinions les plus con-damnables ; iis développent enfin sous toutes