39
DE LA PHILOSOPHIE FRANÇOISE.
une conscience indépendante de l’expérience,ni un esprit créateur, dans toute la forcede ce terme, on pourroit assez se contenterde cette définition mécanique de l’ame hu-maine. Il est naturel d’être séduit par lasolution facile du plus grand des problèmes ;mais cette apparente simplicité n’existe quedans la méthode; l’objet au quel on prétend l’ap-pliquer n’en reste pas moins d’une immensitéinconnue, et l’énigme de nous-mêmes dévorecomme le Sphinx les milliers de systèmes quiprétendent à la gloire d’en avoir deviné le mot.
L’ouvrage de Oondillac ne devroit être con-sidéré que comme un livre de plus sur unsujet inépuisable, si l’influence de ce livren’avoit pas été funeste. Helvétius, qui tirede la philosophie des sensations toutes lesconséquences directes qu’elle peut permettre,affirme que si l’homme avôit les mains faitescomme le pied d’un cheval, il n’auroit quel’intelligence d’un cheval. Certes, s’il enétoit ainsi, il seroit bien injuste de nous at-tribuer le tort ou le mérite de nos actions ;car la différence qui peut exister entre lesdiverses organisations des individus autori-serait et rnotiveroit bien celle qui se trouveentre leurs caractères.
d 4