38
LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
de la première moitié du siècle ; mais sa mi<*sérable et vaniteuse irréligion a flétri la se-conde. Enfin, en métaphysique, Condillacet Helvétius, quoiqu’ils fussent contempo-rains, portent aussi l’un et l’autre l’em-preinte de ces deux époques si différentes ;car, bien que le système entier de la philo-sophie des sensations soit mauvais dans sonprincipe, cependant les conséquences qu’Hel-vétius en a tirées ne doivent pas être impu-tées à Condillac, il étoit bien loin d’y donnerson assentiment.
Condillac a rendu la métaphysique expéri-mentale plus claire et plus frappante qu’ellene l’est dans Locke ; il l’a mise véritablementà la portée de tout le monde : il dit avecLocke que l’ame ne peut .avoir aucune idéequi ne lui vienne par les sensations; il at-tribue à nos besoins l’origine des connoissamces et du langage; aux mots, celle de laréflexion : et nous faisant ainsi recevoir ledéveloppement entier de notre être moralpar les objets extérieurs, il explique la naturehumaine, comme une science positive, d’unemanière nette, rapide, et, sous quelques rap-ports, incontestable; car si l’on ne sentoiten soi ni des croyances natives du cœur, ni