3 7
DE LA PHILOSOPHIE FRANÇOISE.
qu’ils ressentaient pour ce pays leur inspirale désir d’introduire en France sa philosophieet sa liberté. La philosophie des Anglaisn’étoit sans danger qu’avec leurs sentimentsreligieux, et leur liberté, qu’avec leur obéis-sance aux lois. Au sein d’une nation oùNewton et Clarke ne prononçaient jamaisle nom de Dieu sans s’incline!', les systèmesmétaphysiques, fussent-ils erronés, ne pou-voient être funestes. Ce qui manque enFrance, en tout genre, c’est le sentiment etl’habitude du respect, et l’on y passe bienvite de l’examen qui peut éclairer à l’ironiequi réduit tout en poussière.
Il me semble qu’on pourroit marquer dansle dix-huitième siècle, en France, deux épo-ques parfaitement distinctes, celle dans la-quelle l’influence de l’Angleterre s’est faitsentir, et celle où les esprfts se sont précipitésdans la destruction : alors les lumières sesont changées en incendie, et la philosophie,magicienne irritée, a consumé le palais oùelle avoir étalé ses prodiges.
En politique, Montesquieu appartient à lapremière époque, Raynal à la seconde : enrehgion, les écrits de Voltaire, qui avoient latolérance pour but, son inspirés par l’esprit