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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE,

en même temps une telle peur que lidée deDieu ne pût passer pour innée dans lhomme ;il lui paroissoit si absurde que le Créateur eûtdaigné comme un grand peintre graver sonnom sur le tableau de notre ame, quil sestattaché à découvrir dans tous les récits desvoyageurs quelques peuples qui neussent au-cune croyance religieuse. On peut, je crois,laffirmer hardiment, ces peuples nexistentpas. Le mouvement qui nous élève jusquàlintelligence suprême se retrouve dans legénie de Newton comme dans laine dupauvre sauvage dévot envers la pierre surlaquelle il sest reposé. Nul homme ne senest tenu au monde extérieur, tel quil est, ettous se sont senti au fond du cœur, dans uneépoque quelconque de leur vie, un indéfi-nissable attrait pour quelque chose de sur-naturel ; mais comment se peut-il quun êtreaussi religieux que Locke sattache à changerles caractères primitifs de la foi en une eon-noissanee accidentelle que le sort peut nousravir ou nous accorder ? Je le répète, la ten-dance dune doctrine quelconque doit toujoursêtre comptée pour beaucoup dans le jugement