DE DA PHILOSOPHIE ANGLOISE.
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s’ils y avaient cru toute leur vie ; et lorsqu’ilssont saisis par une affection vive et qu’on latyrannise, ils invoquent le sentiment de l’é-quité avec autant de force que les moralistesles plus austères. Dès qu’une flamme quel-conque, celle de l’indignation ou celle del’amour, s’empare de notre ame, elle faitreparoitre en nous les caractères sacrés deslois éternelles.
Si le hasard de la naissance et de l’éduca-tion décidoit de la moralité d’un homme,comment pourroit-on l’accuser de ses actions ?Si tout ce qui compose notre volonté nousvient des objets extérieurs, chacun peut enappeler à des relations particulières pourmotiver toute sa conduite ; et souvent cesrelations diffèrent autant entre les habitantsd’un même pays qu’entre un Asiatique et unEuropéen. Si donc la circonstance devoitêtre la divinité des mortels, il seroit simpleque chaque homme eût une morale qui luifût propre, ou plutôt une absence de moraleà son usage; et pour interdire le mal que lessensations pourroient conseiller, il n’y auroitde bonne raison à opposer que la force pu-blique qui le punirait ; or, si la force publiqueeommandoit l’injustice, la question se trou-
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