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3 (1813)
Entstehung
Seite
22
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

de vertus. Les sensations, cest-à-dire lesobjets extérieurs dont il est environné laveu-glent ; le sentiment intime qui constitue lahaine du vice et le respect pour la vertu nex-istent pas moins en lui, quoique lexpériencelait trompé sur la manière dont ce sentimentdoit se manifester dans la vie. Préférer lesautres à soi quand la vertu le commande,cest précisément ce qui fait lessence du beaumoral, et cet admirable instinct de lame,adversaire de linstinct physique, est inhérentà notre nature ; sil pouvoit être acquis, ilpourroit aussi se perdre; mais il est immuableparcequil est inné. Il est possible de fane lemal en croyant faire le bien, il est possible dese rendre coupable en le sachant et le voulant,mais il ne lest pas dadmettre comme véritéune chose contradictoire, la justice de lin-justice.

Lindifférence au bien et au mal est lerésultat ordinaire dune civilisation pour ainsidire pétrifiée, et cette indifférence est unbeaucoup plus grand argument contre laconscience innée que les grossières erreursdes sauvages; mais les hommes les plussceptiques, sils sont opprimés sous quelquesrapports, en appellent à la justice comme