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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.
qui en facilite la combinaison. Mais il n’enest pas de même des sentiments, ni des dispo-sitions, ni des facultés qui constituent les loisde l’entendement humain, comme l’attractionet l’impulsion constituent celles de la naturephysique.
Une chose vraiment digne de remarque, cesont les arguments dont Locke a été obligé dese servir pour prouver que tout ce qui étoitdans l’ame nous venoit par les sensations. Sices arguments conduisoient à la vérité, sansdoute il faudroit surmonter la répugnancemorale qu’ils inspirent ; mais on peut croireen général à cette répugnance comme à unsigne infaillible de ce que l’on doit éviter.Locke vouloit démontrer que la conscience dubien et du mal n’étoit pas innée dans l’homme,et qu’il ne connoissoit le juste et l’injuste,comme le rouge et le bleu, que par l’expé-rience ; il a recherché avec soin, pour parvenirà ce but, tous les pays où les coutumes et leslois mettoient des crimes en honneur ; ceuxoù l’on se faisoit un devoir de tuer son ennemi,de mépriser le mariage, de faire mourir sonpère quand il étoit vieux. Il recueille atten -tivement tout ce que les voyageurs ont racontédes cruautés passées en usage. Qu’est-ce donc