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3 (1813)
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LA PHILOSOPHIE ET LA MORALE.

qui en facilite la combinaison. Mais il nenest pas de même des sentiments, ni des dispo-sitions, ni des facultés qui constituent les loisde lentendement humain, comme lattractionet limpulsion constituent celles de la naturephysique.

Une chose vraiment digne de remarque, cesont les arguments dont Locke a été obligé dese servir pour prouver que tout ce qui étoitdans lame nous venoit par les sensations. Sices arguments conduisoient à la vérité, sansdoute il faudroit surmonter la répugnancemorale quils inspirent ; mais on peut croireen général à cette répugnance comme à unsigne infaillible de ce que lon doit éviter.Locke vouloit démontrer que la conscience dubien et du mal nétoit pas innée dans lhomme,et quil ne connoissoit le juste et linjuste,comme le rouge et le bleu, que par lexpé-rience ; il a recherché avec soin, pour parvenirà ce but, tous les pays les coutumes et leslois mettoient des crimes en honneur ; ceux lon se faisoit un devoir de tuer son ennemi,de mépriser le mariage, de faire mourir sonpère quand il étoit vieux. Il recueille atten -tivement tout ce que les voyageurs ont racontédes cruautés passées en usage. Quest-ce donc