DE LA PHILOSOPHIE ANGLOISE.
19
fct religieux, il ne se permit aucun des raison-nements corrupteurs qui dérivoient nécessaire-ment de sa métaphysique ; et la plupart de sescompatriotes, en l’adoptant, ont eu commelui la noble inconséquence de séparer les ré-sultats des principes, tandis que Hume et lesphilosophes Français, après avoir admis lesystème, l’ont appliqué d’une manière beau-coup plus logique.
La métaphysique de Locke n’a eu d’autreeffet sur les esprits en Angleterre que de ternirun peu leur originalité naturelle; quand mêmeelle dessécheroit la source des grandes pen-sées philosophiques, elle ne sauroit détruire lesentiment religieux qui sait si bien y suppléer;mais cette métaphysique reçue dans le restede l’Europe, l’Allemagne exceptée, a été l’unedes principales causes de l’immoralité dont ons’est fait une théorie pour en mieux assurer lapratique.
Locke s’est particulièrement attaché àprouver qu’il n’y avoit rien d’inné dans l’ame :il avoit raison, puisqu’il mêloit toujours ausens du mot idée un développement acquis parl’expérience ; les idées ainsi conçues sont lerésultat des objets qui les excitent, des com-paraisons qui les rassemblent, et du langage
c 2