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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
ces sentiments deviennent nécessairementbeaucoup plus forts : c'est mêler, dans l’artde peindre, ce que nous voyons tous lesjours à ce que nous ne voyons jamais, et cequi nous est connu nous fait croire à ce quinous étonne.
Goethe s’est essayé aussi dans ces sujetsqui effraient à la fois les enfants et les hom-mes ; mais il y a mis des vues profondes, etqui donnent pour long-temps à penser. Jevais tâcher de rendre compte de celle de scspoésies de revenants, la Fiancée de Corinthe ,qui a le plus de réputation en Allemagne.Je ne voudrois assurément défendre en au-cune manière ni le but de cette fiction, ni lafiction en elle-même ; mais il me sembledifficile de n’être pas frappé de l’imaginationqu’elle suppose.
Deux amis, l’un d’Athènes et l’autre deCorinthe, ont résolu d’unir ensemble leur filset leur fille. Lejeune homme part pour allervoir à Corinthe celle qui lui est promise, etqu’il ne connoît pas encore : c’étoit au mo-ment où le christianisme commençoit à s’é-tablir. La famille del’Athénien a gardé sonancienne religion ; celle du Corinthien adoptela croyance nouvelle; et la mère, pendant