DE I,A POÉSIE ALLEMANDE.
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science, et cède à ses passions. Il n’avoitd’abord que l’enivrement de la force ; il ar-rive enfin à celui du crime, et la terre nepeut plus le porter. Les bons et les mauvaispenchants de l’homme sont très bien carac-térisés par les deux chevaliers blanc et noir:les mots, toujours les mêmes, que le cheva-lier blanc prononce pour arrêter le chasseur,sont aussi très ingénieusement combinés.Les anciens, et les poètes du moyen âge,ont parfaitement connu l’effroi que cause,dans de certaines circonstances, le retour desmêmes paroles ; il semble qu’on réveille ainsile sentiment de l’inflexible nécessité. Lesombres, les oracles, toutes les puissances sur-naturelles, doivent être monotones ; ce quiest immuable est uniforme ; et c’est un grandart, dans certaines fictions, que d’imiter, parles paroles, la fixité solennelle que l’imagi-nation se représente dans l’empire des ténè-bres et de la mort.
On remarque aussi, dans Biirger, une cer-taine familiarité d’expression qui ne nuitpoint ii la dignité de la poésie, et qui enaugmente singulièrement l’effet. Quand onparvient à rapprocher de nous la terreur oul’admiration, sans affaiblir ni l’une ni l’autre,