DE LA POÉSIE ALLEMANDE. 345
une longue maladie, a consacré sa fille auxautels. La sœur cadette est destinée à rem-placer sa sœur aînée qu’on a faite religieuse.
Le jeune homme arrive tard dans la mai-son; toute la famille est endormie; les va-lets apportent à souper dans son apparte-ment, et l’y laissent seul : peu de tempsaprès, un hôte singulier entre chez lui ; ilvoit s’avancer jusqu’au milieu de la chambreune jeune fille revêtue d’un voile et d’un ha-bit blanc, le . front ceint d’un ruban noir etor, et quand elle aperçoit le jeune homme,elle recule intimidée, et s’écrie en élevant auciel ses blanches mains :—Hélas ! suis-jedonc devenue déjà si étrangère à la maison,dans l’étroite cellule où je suis renfermée,que j’ignore l’arrivée d’un nouvel hôte ?—
Elle veut s’enfuir, le jeune homme la re-tient ; il apprend que c’est elle qui lui étoitdestinée pour épouse. Leurs pères avoientjuré de les unir, tout autre serment lui paroîtnul.—Reste, mon enfant, lui dit-il, reste, etne sois pas si pâle d’effroi ; partage avec moiles dons de Cérès et de Bacchus; tu amènesl’amour, et bientôt nous éprouverons com-bien nos dieux sont favorables aux plaisirs.