DE LA POÉSIE ALLEMANDE,
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l'allemand permet d’y faire sentir en entierl’originalité du style et de la versification deBiirger; et non seulement on peut retrouverdans la traduction les mêmes idées que dansl’original, mais aussi les mêmes sensations; etrien n’est plus nécessaire pour connoître unouvrage des beaux-arts. 11 seroit difficiled’obtenir le même résultat en français, oùrien de bizarre n’est naturel.
Biirger a fait une autre romance moins cé-lèbre, mais aussi très originale, intitulée: leféroce Chasseur. Suivi de ses valets, et desa meute nombreuse, il part pour la chasseun dimanche, au moment où les cloches duvillage annoncent le service divin. Un che-valier dont l’armure est blanche se présenteà lui et le conjure de ne pas profaner le jourdu Seigneur; un autre chevalier, revêtud’armes noires, lui fait honte de se soumettreà des préjugés qui ne conviennent qu’auxvieillards et aux enfants : le chasseur cèdeaux mauvaises inspirations; il part, et arriveprès du champ d’une pauvre veuve : elle sejette à ses pieds pour le supplier de ne pasdévaster la moisson, en traversant les blésavec sa suite : le chevalier aux armes blan-ches supplie le chasseur d’écouter la pitié;