DE LA POESIE ALLEMANDE,
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terreur, et lui demande sans cesse raison dela rapidité de sa course; le chevalier presseencore plus les pas de son cheval par ses crissombres et sourds, et prononce à voix basseces mots : Les morts vont vite, les morts vontvite. Lenore lui répond: Ali! laisse en paixles morts ! Mais toutes les fois qu’elle luiadresse des questions inquiètes, il lui répèteles mêmes paroles funestes.
En approchant de l’église où il la menoit,disoit-il, pour s’unir avec elle, l’hiver et lesfrimas semblent changer la nature elle-mêmeen un affreux présage: des prêtres portenten pompe un cercueil, et leur robe noiretraîne lentement sur la neige, linceul de laterre; l’eifroi delà jeune hile augmente, ettoujours son amant la rassure avec un mé-lange d’ironie et d’insouciance qui fait fré-mir. Tout ce cju’il dit est prononcé avecune précipitation monotone, comme si déjà,dans son langage, l’on ne sentoit plus l’ac-cent de la vie; il lui promet de la conduiredans la demeure étroite et silencieuse oùleurs noces doivent s’accomplir. On voit deloin le cimetière à coté de la porte de l’é-glise : le chevalier frappe à, cette porte, elles’ouvre ; il s’v précipite avec son cheval,