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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
rel quand il parle d’après ses propres im-pressions, mais aussi quand il se transportedans des pays, des mœurs et des situationstoutes nouvelles, sa poésie prend facilementla couleur des contrées étrangères; il saisitavec un talent unique ce qui plaît dans leschansons nationales de chaque peuple; ildevient, quand il le veut, un grec, un indien,un morlaque. Nous avons souvent parlé dece qui caractérise les poètes du nord, lamélancolie et la méditation : Goethe, commetous les hommes de génie, réunit en lui d’é-tonnants contrastes; on retrouve dans sespoésies beaucoup de traces du caractère deshabitants du midi; il est plus en train del’existence que les septentrionaux; il sent lanature avec plus de vigueur et de sérénité;son esprit n’en a pas moins de profondeur,mais son talent a plus de vie; on y trouveun certain genre de naïveté qui réveille à lafois le souvenir'de la simplicité antique etde celle du moyen âge : ce n’est pas la naï-veté de finnocence, c’est celle de la force.On aperçoit.dans les poésies de Goethe qu’ildédaigne' une foule d’obstacles, de conve-nances, de critiques et d’observations quipourroient lui être opposées. Il suit son