DE LA POÉSIE ALLEMANDE.
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Je ne finirais point si je voulois parler detoutes les poésies de Schiller, qui renfermentdes pensées et des beautés nouvelles. Il afait sur le départ des Grecs après la prise deTroie un hymne qu’on pourrait croire d’unpoète d’alors, tant la couleur du temps y estfidèlement observée. J’examinerai, sous lerapport de l’art dramatique, le talent ad-mirable des Allemands pour se transporterdans les siècles, dans les pays, dans les carac-tères les plus différents du leur : superbefaculté sans laquelle les personnages qu’onmet en scène ressemblent à des marionnettesqu’un même fil remue et qu’une même voix,celle de l’auteur, fait parler. Schiller méritesur-tout d’être admiré comme poète dra-matique; Goethe est tout seul au premierrang dans l’art de composer des élégies, desromances, des stances, etc., ses poésies dé-tachées ont un mérite très différent de cellesde Voltaire. Le poète français à su mettre envers l’esprit de la société la plus brillante ; lepoète allemand réveille dans l’ame par quel-ques traits rapides des impressions solitaireset profondes.
Goethe, dans ce genre d’ouvrages, est na-turel au suprême degré; non seulement natu-