DE LA POÉSIE ALLEMANDE.
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imagination où elle le mène, et un certainorgueil en masse l’affranchit des scrupulesde l’amour-propre. Goethe est en poésieun artiste puissamment maître de la nature,et plus admirable encore quand il n’achèvepas ses tableaux; car ses esquisses renfer-ment toutes le germe d’une belle fiction:mais ses fictions terminées ne supposent pastoujours une heureuse esquisse.
Dans ses élégies, composées à Rome, il nefaut pas chercher des descriptions de l’Italie :Goethe ne fait presque jamais ce qu’onattend de lui, et quand il y a de la pompedans une idée, elle lui déplaît: il veut pro-duire de l’effet par une route détournée, etcomme à l’insçu de l’auteur et du lecteur.Ses élégies peignent l’effet de l’Italie surtoute son existence, cette ivresse du bonheur,dont un beau ciel le pénètre. Il raconte sesplaisirs, même les plus vulgaires, à la ma-nière de Properce; et de temps en tempsquelques beaux souvenirs de la ville maîtressedu monde donnent à l’imagination un éland’autant plus vif qu’elle n’y étoit pas pré-parée.
Une fois, il raconte comment il rencon-tra, dans la campagne de Rome, une jeune