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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
là où les rangs sont confondus, la familiaritéest dangereuse.
Une autre pièce de Schiller, Cassandre ,pourroit plus facilement se traduire en fran-çais, quoique le langage poétique y soitd’une grande hardiesse. Cassandre, au mo-ment où la fête des noces de Polyxène avecAchille va commencer, est saisie par le pres-sentiment des malheurs qui résulteront decette fête ; elle se promène triste et sombredans les bois d’Apollon, et se plaint de con-noître l’avenir qui trouble toutes les jouissan-ces. On voit dans cette ode le mal que faitéprouver à un être mortel la prescience d’undieu. La douleur de la prophétesse n’est-elle pas ressentie par tous ceux dont l’espritest supérieur et le caractère passionné? Schil-ler a su montrer sous une forme toute poéti-que une grande idée morale ; c’est que levéritable génie, celui du sentiment, est vic-time de lui-même, quand il ne le seroit pasdes autres. Il n’y a point d’hymen pourCassandre, non qu’elle soit insensible, nonqu’elle soit dédaignée ; mais son ame péné-trante dépasse en peu d’instants et la vie et lamort, et ne se reposera que dans le ciel.