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1 (1813)
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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.

les rangs sont confondus, la familiaritéest dangereuse.

Une autre pièce de Schiller, Cassandre ,pourroit plus facilement se traduire en fran-çais, quoique le langage poétique y soitdune grande hardiesse. Cassandre, au mo-ment la fête des noces de Polyxène avecAchille va commencer, est saisie par le pres-sentiment des malheurs qui résulteront decette fête ; elle se promène triste et sombredans les bois dApollon, et se plaint de con-noître lavenir qui trouble toutes les jouissan-ces. On voit dans cette ode le mal que faitéprouver à un être mortel la prescience dundieu. La douleur de la prophétesse nest-elle pas ressentie par tous ceux dont lespritest supérieur et le caractère passionné? Schil-ler a su montrer sous une forme toute poéti-que une grande idée morale ; cest que levéritable génie, celui du sentiment, est vic-time de lui-même, quand il ne le seroit pasdes autres. Il ny a point dhymen pourCassandre, non quelle soit insensible, nonquelle soit dédaignée ; mais son ame péné-trante dépasse en peu dinstants et la vie et lamort, et ne se reposera que dans le ciel.