324 LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
seur et poëte. Pour peindre l’idée du temps,elle fait couler devant nos yeux les Ilots d’unfleuve inépuisable ; et pour que sa jeunesseéternelle nous fasse songer à notre existencepassagère, elle se revêt de lleurs qui doiventpérir, elle fait tomber en automne les feuillesdes arbres que le printemps a vues dans toutleur éclat : la poésie doit être le miroir ter-restre de la divinité, et réfléchir par les cou-leurs, les sons et les rhythmes, toutes lesbeautés de l’iinivers.
La pièce de vers intitulée la Cloche con-siste en deux parties parfaitement distinc-tes ; les strophes en refrain expriment letravail qui se fait dans la forge, et entrechacune de ces strophes il y a des vers ravis-sants sur les circonstances solennelles, ou surles évènements extraordinaires annoncés parles cloches, tels que la naissance, le mariage,la mort, l’incendie, la révolte, etc. Onpourroit traduire en français les pensées for-tes, les images belles et touchantes qu’inspi-rent à Schiller les grandes époques de ladestinée humaine; mais il est impossibled’imiter noblement les strophes en petitsvers et composées de mots dont le son bi-zarre et précipité, semble faire entendre