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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
une personne sérieuse essaie un semblablejeu, toujours une contrainte secrète rem-pêche de s’y montrer naturelle. On doitcompter dans l’école de Klopstock, noncomme disciples, mais comme confrères enpoésie, le grand Haller qu’on ne peut nom-mer sans respect, Gcssner, et plusieurs autresqui s’approehoient du génie anglais par lavérité des sentiments, mais qui ne portoientpas encore l’empreinte vraiment caractéris-tique de la littérature allemande.
Klopstock lui-même n’avoit pas complète-ment réussi à donner à l’Allemagne unpoème épique sublime et populaire tout àla fois, tel qu’un ouvrage de ce genre doitêtre. lia traduction de l’Iliade et de l’Odys-sée par Voss fit connoître Homère autantqu’une copie calquée peut rendre l’original;chaque épithète y est conservée, chaque moty est mis à la même place, et l’impressionde l’ensemble est très grande, quoiqu’on nepuisse trouver dans l’allemand tout lecharme que doit avoir le grec, la plus bellelangue du midi. Les littérateurs allemands,qui saisissent avec avidité chaque nouveaugenre, s’essayèrent à composer des poèmesavec la couleur homérique; et l’Odyssée,renfermant beaucoup de détails de la