DES POEMES ALLEMANDS. 315
vie privée, parut plus facile à imiter quel’Iliade.
Le premier essai dans ce genre fut uneidylle en trois chants, de Voss lui-même, in-titulée Louise ; elle est écrite en hexamètres,que tout le monde s’accorde à trouver ad-mirables; mais la pompe même du vershexamètre paroit souvent peu d’accord avecl’extrême naïveté du sujet. Sans les émo-tions pures et religieuses qui animent toutle poëme, on ne s’intéressoit guère au trèspaisible mariage de la fille du vénérable pas-teur de Griinau. Homère, fidèle à réunir lesépithètes avec les noms, dit toujours, en par-lant de Minerve, la Jille de Jupiter aux yeuxbleus ; de même aussi Voss répète sans cessele vénérable pasteur de Griinau (der ehrwiir-dige Pfarrer von Griinau). Mais la simpli-cité d’Homère ne produit un si grand effetque parcequ’elle est noblement en contrasteavec la grandeur imposante de son héros etdu sort qui le poursuit; tandis que, quandil s’agit d’un pasteur de campagne et de latrès bonne ménagère sa femme, qui marientleur fille à celui quelle aime, la simplicité amoins de mérite. L’on admire beaucoupen Allemagne les descriptions qui se trou-