DES POEMES ALLEMANDS.
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nient. On choisoit pour sentier le torrentglacé qui, pendant l’hiver, offre la route laplus sûre. Les cheveux des jeunes hommessont parsemés des flocons brillants des fri-mas ; les jeunes filles, à la suite du traîneau,attachent à leurs petits pieds des ailes d’acier,qui les transportent au loin dans un clin-d’œil: le chant des bardes accompagne cettedanse septentrionale; la marche joyeusepasse sous des ormeaux dont les fleurs sontde neige; on entend craquer le cristal sousles pas; un instant de terreur trouble la fête;mais bien-tôt les cris d’allégresse, la violencede l’exercice, qui doit conserver au sang lachaleur que lui raviroit le froid de l’air, enfinla lutte contre le climat, raniment tous lesesprits, et l’on arrive au terme de la course,dans une grande salle illuminée, où le feu, lebal et les festins, font succéder des plaisirsfaciles aux plaisirs conquis sur les rigueursmême de la nature.
L’ode à Ébert sur les amis qui ne sontplus mérite aussi d’être citée. Klopstockest moins heureux quand il écrit sur l’amour;il a, comme Dorât, adressé des vers à sa maî-tresse future, et ce sujet maniéré n’a pas bieninspiré sa muse: il faut n’avoir pas souffertpour se jouer avec le sentiment, et quand