LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
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de poésie se perd dans l’incommensurablequ’elle voudrait embrasser.
Il est difficile de citer tel ou tel vers dansses odes religieuses, qui puisse se répétercomme une maxime détachée. La beautéde ces poésies consiste dans l’impression gé-nérale qu’elles produisent. Demanderoit-onà l’homme qui contemplela mer cette immen-sité toujours en mouvement et toujours iné-puisable, cette immensité qui semble donnerl’idée de tous les temps présents à la fois, detoutes les successions devenues simultanées ;lui demanderoit-on de compter, vague aprèsvague, le plaisir qu’il éprouve en rêvant surle rivage ? 11 en est de môme des méditationsreligieuses embellies par la poésie; elles sontdignes d’admiration, si elles inspirent unélan toujours nouveau vers une destinée tou-jours plus haute, si l’on se sent meilleur aprèss’en être pénétré: c’est là le jugement litté-raire qu’il faut porter sur de tels écrits.
Parmi les odes de Klopstock, celles quiont la révolution de France pour objet nevalent pas la peine d’être citées: le momentprésent inspire presque toujours mal lespoètes; il faut qu’ils se placent à la distancedes siècles pour bien juger et meme pour