DES POEMES ALLEMANDS.
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une ame élevée et sensible ; toutefois les im-pressions qu’il excite sont trop uniformes, etles images funèbres y sont trop multipliées.La vie ne va que parceque nous oublions lamort; et c’est pour cela sans doute que cetteidée, quand elle reparoît, cause un frémisse-ment si terrible. Dans la Messiade, commedans Young, on nous ramène trop souventau milieu des tombeaux: c’en seroit fait desarts si l’on se plongeoit toujours dans ce genrede méditation; car il faut un sentiment trèsénergique de l’existence pour sentir le mondeanimé de la poésie. Les païens dans leurspoèmes, comme sur les bas-reliefs des sépul-cres, représentoient toujours des tableauxvariés, et faisoient ainsi de la mort une actionde la vie; mais les pensées vagues et pro-fondes dont les derniers instants des chré-tiens sont environnés prêtent plus à l’atten-drissement qu’aux vives couleurs de l’imagi-nation.
Klopstock a composé des odes religeuses,des odes patriotiques, et d’autres pleinesde grâce sur divers sujets. Dans ses odesreligieuses, il sait revêtir d’images visibles lesidées sans bornes ; mais quelquefois ce genre