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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
tableau qui nous laissent quelque chose àdeviner. Le Verbe, ou la parole divine, ex-istait avant la création de l’univers; maispour les poètes, il faut que la création pré-cède la parole.
On a reproché aussi à Klopstock de n’a-voir pas fait de scs anges des portraits assezvariés; il est vrai que dans la perfection lesdifférences sont difficiles à saisir, et que cesont d’ordinaire les défauts qui caractérisentles hommes : néanmoins on auroit pu donnerplus de variété à ce grand tableau ; enfin,sur-tout, il n’auroit pas fallu, ce me semble,ajouter encore dix chants à celui qui terminel’action principale, la mort du Sauveur.Ces dix chants renferment sans doute degrandes beautés lyriques; mais quand unouvrage, quel qu’il soit, excite l’intérêt dra-matique, il doit finir au moment où cet in-térêt cesse. Des réflexions, des sentiments,qu’on lirait ailleurs avec le plus grand plaisir,lassent presque toujours lorsqu’un mouve-ment plus vif les a précédés. On est pourles livres à peu près comme pour les hommes:on exige d’eux toujours ce qu’ils nous ontaccoutumés à en attendre.
Il règne dans tout l’ouvrage de Klopstock