DES POEMES ALLEMANDS. 301
nouvelle existence; ils ne se croient plus sujetsà la mort; ils espèrent qu’ils passerontensemble de la terre au ciel, sans que l’hor-rible douleur d’une séparation apparente soitéprouvée par l’un d’eux. Touchante con-ception qu’un tel amour dans un poèmereligieux! elle seule pouvoit être en harmo-nie avec l’ensemble de l’ouvrage. Il fautl’avouer cependant, il résulte un peu de mo-notonie d’un sujet continuellement exalté;lame se fatigue par trop de contemplation,et l’auteur auroit quelquefois besoin d’avoiraffaire à des lecteurs déjà ressuscités commeCidli et Sembla.
On auroit pu, ce me semble, éviter ce dé-faut, sans introduire dans la Messiade riende profane: il eût mieux valu peut-être pren-dre pour sujet la vie entière de Jésus-Christ,que de commencer au moment où ses enne-mis demandent sa mort. L’on auroit pu seservir avec plus d’art des couleurs de l’orientpour peindre la Syrie, et caractériser d’unemanière forte l’état du genre humain sousl’empire de Rome. Il y a trop de discourset des discours trop longs dans la Messiade;l’éloquence elle-même frappe moins l'imagi-nation qu’une situation, un caractère, un