DE LA POèsŒ.
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nuages. La poésie des anciens est plus purecomme art, celle des modernes fait verserplus de larmes : mais la question pour nousn'est pas entre la poésie classique et la poé-sie romantique, mais entre l'imitation de l'uneet l’inspiration de l’autre. La littérature desanciens est chez les modernes une littératuretransplantée : la littérature romantique ouchevaleresque est chez nous indigène, et c’estnotre religion et nos institutions qui l’ont faitéclore. Les écrivains imitateurs des anciensse sont soumis aux règles du goût le plus sé-vère ; car ne pouvant consulter ni leur pro-pre nature, ni leurs propres souvenirs, il afallu qu’ils se conformassent aux lois d’aprèslesquelles les chefs-d’œuvre des anciens peu-vent être adaptés à notre goût, bien quetoutes les circonstances politiques et religieu-ses qui ont donné le jour à ces chefs-d’œuvresoient changées. Mais ces poésies d’aprèsl’antique, quelque parfaites qu’elles soient,sont rarement populaires, parcequ’elles netiennent, dans le temps actuel, à rien de na-tional.
La poésie française étant la plus classiquede toutes les poésies modernes, elle est laseule qui ne soit pas répandue parmi le
TOM. I. ü