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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
froideur et à l’abstraction, tandis que celledes anciens étoit pleine de vie. L’hon-neur et l’amour, la bravoure et la pitié sontles sentiments oui signalent le christianismechevaleresque ; et ces dispositions de l’ainene peuvent se faire voir que par les dangers,les exploits, les amours, les malheurs, l’inté-rêt romantique, enfin, qui varie sans cesseles tableaux. Les sources des effets de l’artsont donc différentes à beaucoup d’égardsdans la poésie classique et dans la poésie ro-mantique; dans l’une, c’est le sort qui règne,dans l’autre, c’est la Providence : le sort necompte pour rien les sentiments des hommes,la Providence ne juge les actions que d’aprèsles sentiments. Comment la poésie ne erée-roit-elle pas un monde d’une toute autrenature, quand il faut peindre l’œuvre d’undestin aveugle et sourd, toujours en lutteavec les mortels, ou cet ordre intelligent au-quel préside un être suprême, que notrecœur interroge, et qui répond à notrecœur !
La poésie païenne doit être simple et sail-lante comme les objets extérieurs ; la poésiechrétienne a besoin des mille couleurs del’arc-en-ciel pour ne pas se perdre dans les