DE LA POÉSIE CLASSIQUE.
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sans complication d’aucun genre. L’hommepersonnifioit la nature ; des nymphes habi-toient les eaux, des hamadryades les forêts :mais la nature à son tour s’emparait del’homme, et l’on eût dit qu’il ressembloit autorrent, à la foudre, au volcan, tant il agis-soit par une impulsion involontaire, et sansque la réflexion pût en rien altérer les motifsni les suites de ses actions. Les anciensavoient pour ainsi dire une ame corporelle,dont tous les mouvements étaient forts, di-rects et conséquents ; il n’en est pas demême du cœur humain développé par lechristianisme: les modernes ont puisé, dansle repentir chrétien, l’habitude de se repliercontinuellement sur eux-mêmes.
Mais, pour manifester cette existencetoute intérieure, il faut qu’une grande va-riété dans les faits présente sous toutes lesformes les nuances infinies de ce qui se passedans l’ame. Si de nos jours les beaux-artsétaient astreints à la simplicité des anciens,nous n’atteindrions pas à la force primitivequi les distingue, et nous perdrions les émo-tions intimes et multipliées dont notre ameest susceptible. La simplicité de l’art, chezles modernes, tournerait facilement à la