DU STYLE ET DE LA VERSIFICATION. 2/3
germaniques en poésie, c’est la variété et labeauté de leurs épithètes. L’allemand, sousce rapport aussi, peut se comparer au grec;l’on sent dans un seul mot plusieurs images,comme, dans la note fondamentale d’unaccord, on entend les autres sons dont ilest composé, ou comme de certaines couleursréveillent en nous la sensation de celles quien dépendent. L’on ne dit en français quece qu’on veut dire, et l’on ne voit point errerautour des paroles ces nuages à mille formes,qui entourent la poésie des langues du nord,et réveillent une foule de souvenirs. À laliberté de former une seule épithète de deuxou trois, se joint celle d’animer le langageen faisant avec les verbes des noms: le vivre ,le vouloir, le sentir, sont des expressionsmoins abstraites que la vie, la volonté, lesentiment; et tout ce qui tend à changer lapensée en action donne toujours plus demouvement au style. La facilité de renver-ser à son gré la construction de la phrase estaussi très-favorable à la poésie, et permetd’exciter, par les moyens variés de la versi-fication, des impressions analogues à cellesde la peinture et de la musique. Enfinl’esprit général des dialectes teutoniques,
TOM. i.
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