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LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
c’est l'indépendance: les écrivains cherchentavant tout à transmettre ce qu’ils sentent;ils diroient volontiers à la poésie commeHéloïse à son amant: S’il y a un mot plusvrai, plus tendre, plus profond encore pourexprimer ce que j’éprouve, c’est celui-là q ue jeveux choisir. Le souvenir des convenancesde société poursuit en France le talent jusquedans ses émotions les plus intimes; et lacrainte du ridicule est l’épée de Damoclès,qu’aucune fête de l’imagination ne peutfaire oublier.
On parle souvent dans les arts du méritede la difficulté vaincue; néanmoins on a ditavec raison qu’oM cette difficulté ne se senioitpas, et qu’alors elle était nulle, ou quelle sesentoit, et qu’alors elle n’èioit pas vaincue.Les entraves font ressortir l’habileté de l’es-prit; mais il y a souvent dans le vrai génieune sorte de maladresse, semblable, à quel-ques égards, à la duperie des belles âmes, etl’on auroit tort de vouloir l’asservir à desgênes arbitraires, car il s’en tircroit beaucoupmoins bien que des talents du second ordre.