DU STYLE ET DE LA VERSIFICATION.
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est peut-être la seule langue clans laquelleles vers soient plus faciles à comprendre quela prose, la phrase poétique, étant nécessaire-ment coupée par la mesure même du vers,ne sauroit se prolonger au-delà.
Sans doute, il y a plus de nuances, plusde liens entre les pensées dans ces périodesqui forment un tout et rassemblent sous unmême point de vue les divers rapports quitiennent au môme sujet; mais, si l’on selaissoit aller à l’enchaînement naturel desdifférentes pensées entre elles, on finiroit parvouloir les mettre toutes dans une mêmephrase. L’esprit humain a besoin de mor-celer pour comprendre ; et l’on risque deprendre des lueurs pour des vérités quandles formes mêmes du langage sont obscures.
L’art de traduire est poussé plus loin enallemand cpie dans aucun autre dialecte eu-ropéen. Yoss a transporté dans sa langueles poètes grecs et latins avec une étonnanteexactitude, etW. Schlegel les poètes anglais,italiens et espagnols, avec une vérité de co-loris dont il n’y avoit point d’exemple avantlui. Lorsque l’allemand se prête à la tra-duction de l’anglais, il ne perd pas son ca-ractère naturel, puisque ces langues sont