236
LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
les attachements de son cœur. Jamais il nes’appuya de son imagination pour justifieraucun écart; elle exaltoit son aine, sanslegarer.
On dit que sa conversation étoit pleined’esprit et même de goût; qu’il aimoit l’en-tretien des femmes, et sur-tout celui desfrançaises, et qu’il étoit bon juge de ce genred’agréments que la pédanterie réprouve. Jele crois facilement, car il y a toujours quel-que chose d’universel dans le génie, et peut-être même tient-il par des rapports secrets àla grâce, du moins à celle que donne lanature.
Combien un tel homme étoit loin de l’en-vie, de l’égoïsme, des fureurs de vanité, dontplusieurs écrivains se sont excusés au nomde leurs talents! S’ils en avoient eu davan-tage, aucun de ces défauts ne les aurait agi-tés. On est orgueilleux, irritable, étonnéde soi-même, quand un peu d’esprit vientse mêler à la médiocrité du caractère; maisle vrai génie inspire de la reconnoissance etde la modestie: car on sent qui l’a donné,et l’on sent aussi quelles bornes celui qui l’adonné y a mises.
On trouve, dans la seconde partie de la