KLOPSTOCK.
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ractère, sans parler de son génie, c’estl’hymne religieuse, sous la forme d’un poëmeépique, à laquelle il a consacré vingt années,la Messiade. Les chrétiens possédoient deuxpoëmes, l’Enfer, du Dante, et le Paradis Per-du,' de Milton : l’un étoit plein d’images etde fantômes, comme la religion extérieure,des Italiens. Milton, qui avoit vécu au mi-lieu des guerres civiles, excelloit sur-tout dansla peinture des caractères, et son Satan estun factieux gigantesque, armé contre la mo-narchie du ciel. Klopstock a conçu le sen-timent chrétien dans toute sa pureté; c’estau divin Sauveur des hommes que son amea été consacrée. Les Pères de l’E«;lise ontinspiré Le Dante ; la Bible, Milton : lesplus grandes beautés du poëme de Klop-stock sont puisées dans le Nouveau Testa-ment ; il sait faire ressortir de la simplicitédivine de l’Evangile un charme de poésiequi n’en altère point la pureté.
Lorsqu’on commence ce poëme, on croitentrer dans une grande église, au milieu delaquelle un orgue se fait entendre, et l’atten-drissement, et le recueillement que les tem-ples du Seigneur inspirent s’emparent del’ame en lisant la Messiade.