WIELAND.
223
volontaires, n’empêchent pas que sa natureau fond ne soit tout-à-fait allemande. Wie-land est infiniment plus instruit que Voltaire;il a étudié les anciens d’une façon plus éru-dite qu’aucun poète ne l’a fait en France.Les défauts, comme les qualités de Wieland,ne lui permettent pas de donner à ses écritsla grâce et la légèreté françaises.
Dans ses romans philosophiques, Agathon,Pereo’iinus Protée, il arrive tout de suite àl’analyse, à la discussion, à la métaphysique:il se fait un devoir d’y mêler ce qu’on ap-pelle communément des fleurs ; mais l’onsent que son penchant naturel seroit d’ap-profondir tous les sujets qu’il essaie de par-courir. Le sérieux et la gaieté sont l’un etl’autre trop prononcés dans les romans deWieland pour être réunis; car, en toutechose, les contrastes sont piquants, mais lesextrêmes opposés fatiguent.
Il faut, pour imiter Voltaire, une insou-ciance moqueuse et philosophique qui rendeindifférent à tout, excepté à la manière pi-quante d’exprimer cette insouciance. Ja-mais un Allemand ne peut arriver à cettebrillante liberté de plaisanterie; la véritél’attache trop, il veut savoir et expliquer ce